INTERRUPTION DE LA DEUXIEME GREVE DE LA FAIM DU MATHEMATICIEN MICHEL DEZA, A L'ECOLE NORMALE SUPERIEURE, APRES TRENTE-SIX JOURS
Le 9 juillet 1999
Monsieur le Premier Ministre,
Devant le refus de dialogue oppos� par les autorit�s comp�tentes � ses 36 jours de gr�ve de la faim, Michel DEZA a d�cid� d'interrompre son action ce jour pour des imp�ratifs de sant�. Une fois de plus, les hi�rarchies et administrations du secteur scientifique et technologique font bloc co�te que co�te pour imposer leur pouvoir incontr�l� � ceux qui en subissent la "gestion" et les "m�thodes de management". Une fois de plus, cette nebuleuse solidaire oppose la politique du rouleau compresseur et de la bo�te noire � quiconque conteste ses d�cisions. Les espoirs d'une autocritique sinc�re, et d'une vraie rectification, qu'avait pu g�n�rer la diffusion, en juillet 1997, du rapport du COMETS (Comit� d'Ethique pour les Sciences) intitul� "Ethique et Institutions Scientifiques", http://www.cnrs.fr/ethique/ethsc.pdf , restent sans suite.
Le pr�tendu "cas" de Michel DEZA est � tout �gard "exemplaire" de cette politique et des relations de cause � effet profondes qui peuvent exister entre l'opacit� institutionnelle et les pratiques de harc�lement professionnel. Vous trouverez un dossier d�taill� dans sa page web:
http://www.dmi.ens.fr/users/deza et http://www.dmi.ens.fr/users/deza/urgent.html
Les revendications de Michel DEZA sont simples: arr�t des pratiques de harc�lement, respect de son affectation et de sa dignit� professionnelle, enqu�te administrative par vos soins sur les responsabilit�s encourues par les hi�rarchies concern�es (CNRS, ENS). Pour avoir os�, il y a sept ans, contester un refus de promotion, notre coll�gue est trait� comme un pestif�r� au sein m�me du laboratoire auquel il se trouve r�guli�rement affect� depuis 1992 (le LIENS, une composante du DMI � l'Ecole Normale Sup�rieure de Paris). C'est pourquoi il a entrepris, et poursuivi pendant trente-six jours, une deuxi�me gr�ve de la faim un an et demi apr�s celle qui avait abouti au retrait de sa mutation d'office en janvier 1998.
Mettre en cause une d�cision administrative jug�e contestable est un droit de tout citoyen, garanti notamment par la Conventions europ�ennes. Il ne semble pas �tre vraiement reconnu, en France, aux travailleurs et professionnels des �tablissements � caract�re scientifique et technologique.
La question des mobiles profonds d'une telle politique reste pos�e: s'agit-il d'une nouvelle "th�orie des dominos"? C'est un fait que les plus hauts responsables semblent se montrer tr�s r�ticents, par exemple, � la communication au public du rapport �tabli en 1995 par l'Inspection G�n�rale des Finances sur le CNRS, alors que la communicabilit� de ce rapport a r�cemment �t� �tablie par un jugement du Tribunal Administratif de Paris (GONZALEZ-MESTRES c. CNRS et MENRT, dossier 96-3150 , voir ma page web: http://www.multimania.com/virtuel2/TA963150.html ). Outre les r�serves que l'on puisse �mettre sur la gestion des �tablissements et des programmes de recherche (voir, e.g. le Manifeste du Collectif "Article 57", � l'adresse: http://www.dmi.ens.fr/users/deza/manifeste.html ), il y a la question des enjeux que rev�t de plus en plus pour tous les citoyens la transparence d'un nombre croissant de dossiers scientifiques (g�n�tique humaine, OGM, couche d'ozone et �volution de la plan�te, maladies, produits chimiques...). La libert� d'opinion et d'expression des scientifiques et leur ind�pendance, constituent des n�cessit�s vitales pour le bon fonctionnement de la soci�t�.
De fa�on plus g�n�rale, c'est l'ensemble du monde du travail qui r�clame une libert� d'opinion et d'expression croissante dans l'int�r�t de la qualit� de la vie de tous. Et c'est pr�cisement dans cette fin de si�cle que l'on voit, tout au contraire, se d�velopper avec violence des techniques d'asservissement et d'embrigadement rapproch� qui destabilisent et harc�lent les travailleurs et professionnels dans tous les domaines et � tous les niveaux hi�rarchiques. Une fois de plus, l' "affaire Deza" est "exemplaire" � cet �gard par les mesures subies depuis plusieurs ann�es: blocage de sa carri�re, suppression de moyens de travail, pressions contre ses collaborations internationales, tentatives de l'isoler au sein de son milieu professionnel, repr�sailles contre ses recours... Je vous demande d'intervenir d'urgence afin que cesse ce traitement inhumain.
Luis Gonzalez-Mestres
Pr�sident de l'ACHP, Association Contre le Harc�lement Professionnel,
http://hlm.le-village.com/virtuel2/indexachp.html